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Synonyme de convivialité, élément incontournable d’une rencontre en famille ou entre amis, l’alcool est pour beaucoup devenu une habitude alimentaire, un réflexe social ! Boire c’est cool ! C’est fun ! C’est chic ! C’est convivial ! Et c’est même incontournable pour célébrer les grands rites sociaux !

On trinque à tout-va !

1O% des adultes en difficulté avec leur consommation d’alcool.

  • La France se place au 8ème rang dans le top 100 des pays consommateurs d’alcool.
  • Même si la consommation d’alcool a baissé depuis les années soixante, les français consomment environ 12 litres d’alcool pur par habitant et par an, soit 30% de plus que la moyenne européenne.
  • Notez que ces calculs prennent en comptent la variété des alcools et les ramènent à une consommation en alcool pur ! Ainsi 12 litres d’alcool pur équivalent par exemple à 75 bouteilles de vin à 12° ou 21 bouteilles de whisky à 40°.
  • 20% des buveurs concentrent 75% des ventes et 80% des dommages
  • 58,9% des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà été ivres, 25,3% ont connu au moins trois ivresses alcooliques dans l’année.

Bilan : un constat morbide.

  • L’alcool est responsable de 41 000 décès par an (cancer, maladie cardiovasculaire, accidents ou suicides, maladie digestive et autres causes).
  • 2ème cause de mortalité évitable, en France, après le tabac.
  • 7% des décès de personnes âgées d’au moins 15 ans sont directement attribuables à l’alcool chaque année !
  • L’alcoolisation est la cause principale d’au moins 20% des accidents mortels.
  • Près de la moitié des actes de violence, quels qu’ils soient, sont perpétrés sous l’emprise de l’alcool.
  • L’alcool est impliqué dans plus de la moitié des violences faites aux femmes et aux enfants.
  • L’OMS estime que 5,9 % des décès dans le monde sont liées à l’alcool chaque année.

Prendre conscience du danger.

Reconnaitre l’ampleur du phénomène.

Tout le monde sait que l’alcool c’est aussi l’alcoolisme ! Mais tout le monde croit que l’alcoolisme c’est les autres ! Finalement, peu de gens sont réellement conscient de l’ampleur du problème. Cette conscience est partielle, ou fait défaut, sur deux point notamment : l’ampleur des dégâts et la réalité scientifique que manipulent les lobbies.

Car s’il est vrai que des millions de personnes consomment de l’alcool sans que cela ne leur pose problème, il n’en demeure pas moins que l’alcool génère également une quantité énorme de problèmes, d’accidents, de détresses individuelles et familiales et de vies gâchées. Et moi-même il y a 10 ans, j’étais convaincue de ne pas avoir, ni risquer d’avoir, de « problèmes d’alcool ».

La fête et la convivialité sont un leurre, un piège que nous tendent les lobbies cupides et les pouvoirs publics complices. Certes l’alcool est convivial ! Et pour cause, il est anxiolytique et a des effets désinhibiteur. C’est agréable et je suis pour une société d’individus responsables qui agissent en connaissance de cause. Mais pour cela, encore faut-il qu’on les informe correctement et que les pouvoirs publics censés défendre les intérêts des citoyens se rappellent leur mission ! Les budgets publicitaires ne devraient pas être supérieurs à ceux des campagnes de prévention ! Le dernier plan de lutte contre les addictions aux substances psychoactives (et pas seulement l’alcool ! ) bénéficie en tout et pour tout d’un budget de 100 millions. Comment faire face aux 500 millions du budget publicitaire annuel des alcooliers ? Rire de leur cynisme quand ils offrent 5 millions dans une proposition de plan de prévention de l’alcoolisme sur 4 ans.

Cynisme et mauvaise foi !

Comment ne pas être inquiète d’entendre des membres du gouvernement tenir des discours mensongers tels que ceux-ci : Cherchez l’intrus !

  • Une semaine après la présentation du Plan gouvernemental contre les addictions très critiqué, notamment sur le volet alcool, par les acteurs de terrain et les spécialistes des addictions, notre ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, défend la filière viticole en entretenant honteusement un des nombreux mythes sur l’alcool : « Le vin n’est pas un alcool comme les autres » ( Invité par BFMTV et RMC le 16 janvier 2019).
  • Quand Agnès Buzyn, ministre de la Santé explique honnêtement lors de l’émission-débat ‘‘Alcool, un tabou français? » diffusée sur France 2 le 7 février 2018, que  » L’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence ! On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux. « 
  • Christophe Castaner, délégué général de La République en marche à l’époque, prend publiquement le contre-pied pour apaiser la filière viticole qui avaient jugé les propos de la ministre comme une « provocation ». « Il y a de l’alcool dans le vin, mais c’est un alcool qui n’est pas fort », avait jugé Castaner.
  • Le vin « fait partie de notre culture, de notre tradition, de notre identité nationale. Il n’est pas notre ennemi », avait-il appuyé assurant que l’alcoolisme était surtout « une question de niveau de consommation ».
  • Le président de la République lui-même enfonçait le clou le 22 février dernier en voulant qu’on arrête « d’emmerder les Français ». « Il faut être clair, je ne veux pas qu’on touche la loi (Evin, NDLR) de quelque façon que ce soit sur le vin. « 

La liste pourrait être rallongée mais l’essentiel est dit et le cadre est posé et s’éclaire complètement avec ces derniers chiffres :

Comment dans ce contexte aborder sereinement et intelligemment les problématiques d’information, de prévention et de soins ?

Consommez avec modération !

Une honteuse fumisterie.

Devant l’ampleur des dégâts provoqués directement, et indirectement, par l’alcool, continuer à se contenter d’un tel discours en guise de prévention est tout à fait malhonnête. Les spécialistes de l’addiction en sont bien conscients et bataillent fermement et âprement contre les puissants lobbys alcooliers. Ils sont parvenus à faire récemment évoluer le slogan : pas plus de 2 verres et pas tous les jours ! On avance ! On avance !

Le nœud du problème se situe bien d’abord sur ce qu’on veut nous faire croire ! Vient ensuite, ce qu’il nous arrange de croire ! L’alcool n’est pas un produit anodin, et le vin ne fait pas exception, n’en déplaise à Didier Guillaume !

L’alcool est un produit addictif.

En 2017, le site The Conversation publie un classement des drogues les plus addictives établi lors d’une étude réalisée par le professeur anglais David Nutt et son équipe de chercheurs en fonction de leur dangerosité, de leur faculté à rendre dépendant et de leur impact social. En cinquième position, on trouve l’alcool, derrière l’héroïne, la cocaïne, la nicotine et les barbituriques ! Le débat sur les drogues dures et drogues douces devient ridicule ! Occupons-nous d’abord des drogues légales !

Quels que soient les chiffres, il est assez aisé de comprendre qu’avec une substance addictive, on a plus à perdre qu’à gagner ! On joue avec le feu ! C’est le risque quand on est joueur ! Mais tous les buveurs sont-ils véritablement joueurs ou tout simplement inconscients ? Je suis convaincue qu’il y a beaucoup d’inconscients que l’avertissement  » Boire avec modération  » n’a pas convaincus.

L’alcool est aussi un anxiolytique.

Dans un premier temps, la consommation modérée d’alcool a le plus souvent un effet euphorisant et relaxant, un effet anxiolytique, obtenu par l’activation des neurotransmetteurs GABA et dopamine. Ainsi, comme de nombreuses substances addictives, l’alcool est anxiolytique et antidépresseur à court terme et de manière artificielle. Mais l’adaptation de l’organisme va entrainer une diminution de la production naturelle des neurotransmetteurs impliqués et favoriser ainsi l’anxiété et la dépression ! Et la boucle est bouclée ! Antidépresseur au départ, l’alcool favorise à terme la dépression et l’anxiété. Alors si vous êtes tenté de boire un verre pour décompresser … attention danger !

 

La honte n’est pas là où l’on pense !

La honte est du côté des cyniques.

La honte et la culpabilité qui étouffent les malades alcooliques sont à la hauteur du cynisme des intérêts financiers qui dominent le monde ! Et en réalité la honte n’est évidemment pas du côté des malades alcooliques mais bien du côté des pouvoirs publics qui se laissent soudoyer par les lobbies au détriment de la santé, de la sécurité et du bonheur des citoyens ! Si la puissance des lobbies en général et la vénalité des pouvoirs publiques est désormais quasiment de notoriété publique, il n’en va pas encore de même pour les méfaits de l’alcool et son pouvoir addictif. Je souhaite contribuer modestement à témoigner pour informer.

La honte est bien du côté des pouvoirs publics qui servent les lobbies alcooliers plutôt que les citoyens en consacrant à la prévention comme aux soins des moyens bien en-dessous de l’importance des dommages et des drames que l’alcool génère, y compris les dommages collatéraux ! Combien de drames pourraient être évités ? La réponse fait froid dans le dos !

Je m’exprime également pour mettre en lumière la violence du tabou sur l’alcoolisme qui renforce celle du déni social et de l’abandon et donne à vivre des expériences encore plus terribles aux malades et à leurs proches !

La honte est du côté des hypocrites.

La proposition d’assistance et de soins est sur ce sujet plus famélique encore que dans bien d’autres secteurs. On trouve bien trop peu de propositions pour répondre à l’ampleur du problème, et bien trop peu de diversité dans ces propositions pour répondre à tous les besoins et à la variété des situations. La prise en charge comme l’offre d’assistance est honteusement pathétique !

Au-delà des sous-effectifs, des misérables budgets et de l’inadéquation de beaucoup de propositions, je dénonce le manque d’information et de formation des médecins généralistes qui devraient pourtant constituer le premier bataillon de secouristes mais sont trop souvent d’une incompétence honteuse !

Je ne remets pas ici en question l’investissement des personnes qui œuvrent en addictologie et je souligne même leur engagement quasi sacerdotal ! Je rends également volontiers hommage à la poignée de médecins et psychiatres compétents dans ce domaine, que je n’ai pas eu la chance de rencontrer quand j’étais malade, mais que j’ai découverts ensuite en me documentant sur le sujet.

Malgré sa fréquence, l’alcoolisme est une des « maladies » les moins bien traitées puisque seulement 5 à 20% des personnes présentant un problème lié à la consommation d’alcool ont accès à une aide, qu’elle soit médicale ou non médicale. De toute évidence, les système de soins actuels ne sont pas à la hauteur. C’est un constat alarmant ! D’autant plus que l’alcoolisme semble laisser impuissants tout ceux qu’elle touche : les personnes alcooliques elles-même, leurs familles comme leurs soignants !

En plus des moyens qui lui font défaut, l’offre de soins manque également de créativité et d’audace pour construire une sortie durable de la dépendance. Des voix s’élèvent pour remettre en cause le dogme selon lequel l’alcoolisme est une maladie et critiquent la déresponsabilisation que cela induit. Je partage à ce jour totalement cette critique et développe une approche qui trouve sa force dans la foi en nos capacités et en nos pouvoirs illimités dès lors que l’on assume de sortir de l’illusion.

Cap vers la Sobriété, pour une vie libre et heureuse !

Cette approche c’est celle que j’ai développée sur la base de mon propre parcours de guérison ! Elle s’appelle « Cap Sobriété » ! Cap parce qu’on fait le pari qu’on en est capable, et parce que ça montre la direction à suivre, le cap à tenir ! Et sobriété parce ça parle de choix conscient et responsable plutôt que de contrainte ! L’abstinence m’évoque trop les leurres entretenus pour nous maintenir dans la peur et la soumission. La sobriété est tout autre chose ! C’est une philosophie, un choix que l’on se donne les moyens d’assumer en faisant de la dépendance une fantastique occasion d’ouvrir la voie d’un chemin de vie plein de sens et de reconnaissance !

C’est une approche d’accompagnement pluridisciplinaire que je présente dans mon article sur les Méthodes pour arrêter de boire de l’alcool et dont vous trouverez les modalités pratiques ici.

Alors à notre santé ! À notre liberté !
Dans la joie et la bonne humeur ! Parce que la force est en nous !

Crédit-photo : Merci à Alina Sofia sur Unsplash.

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