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Sortir de la dépendance à l’alcool pour se rétablir est une épreuve difficile et désagréable ! Les obstacles aux changements et au rétablissement sont nombreux : une partie de notre bonheur et de notre sécurité se trouve dans notre addiction. Aidé par l’alcool, notre Ego a construit une toile solide dont la trame est serrée. Qu’on y est bien dans cette toile confortable et qu’on est triste de devoir admettre que ce confort est perdu. Et même pire, qu’il nous détruit.

C’est bien là tout le paradoxe ! Ce qu’on appelle la zone de confort est un cocon douillet qui, en fin de compte, nous empêche de vivre pleinement. Et quand cette zone confortable est habitée par une addiction, cela va au-delà de « simplement » nous empêcher de vivre pleinement. Cela nous détruit à petit feu.

Mais ce n’est pas si facile que ça de s’éloigner de ce cocon douillet. Les obstacles aux changements sont nombreux. Ils comprennent notamment la nécessité d’arrêter de vivre dans le passé, de cesser d’être une victime, d’abandonner les réflexes rassurants (puisque familiers) et la peur du changement. Rien que ça !

Du coup se rétablir exige souvent des changements plus ou moins radicaux dans notre mode de vie, dans notre environnement et dans nos relations. Mais la radicalité se situe surtout et avant tout dans notre  état d’esprit. Il faut commencer par apprendre à devenir vrai et ne plus se raconter d’histoires. Et en cela, le changement est effrayant. Ne plus se raconter d’histoires, mais c’est impossible !

L’authenticité fait peur. Comme s’il s’agissait d’une sorte d’idéal, trouble et inaccessible. Une jolie théorie, impraticable dans la vraie vie. Au même titre que la sobriété ? Peut-être. Il est si facile et confortable de rester dans l’espoir que quelqu’un ou quelque chose viendra nous guérir de l’alcool ou de notre dépendance. Un médicament miracle comme le baclofène ? Le docteur magicien qui trouvera la bonne formule ou la bonne molécule, un compagnon-sauveur, compréhensif et bienveillant, un gourou à qui donner son pouvoir de guérir ou un groupe de soutien indéfectible et omniprésent ? Quelque chose d’extérieur à nous, que l’on attend, avec plus ou moins d’espoir et de ferveur.

Mais en fait, tant que nous attendons, il ne se passera pas grand-chose !

Toute véritable transformation sera précédée d’un grand moment d’inconfort. C’est le signe que vous êtes sur le bon chemin. Ajahn Chah

Je vous entends frémir en vous disant « je fais mon maximum », « je n’y arrive pas ». Et je vous comprends ! Vade retro satanée culpabilité ! Ne la laissez pas approcher. Elle vous empoisonne le cœur et plombe votre énergie volontaire. Il s’agit ici de regarder les choses en face, telles qu’elles sont, sans jugement ni culpabilité, sans faux-semblant et sans misérabilisme.

Il s’agit de comprendre que lorsque nous restons dans une attitude d’attente c’est que nous sommes terrifiées par le fait d’agir en conséquence. Oui, le changement peut être effrayant, et le temps d’attente donne un sentiment de sécurité grâce à l’espoir qu’il contient. La peur est compréhensible et légitime. Mais pour se rétablir, il faudra la dépasser.

Pour ça, vous devez commencer par reconnaître et accepter la peur de la sobriété. Tout simplement. Reconnaître qu’une partie de vous tremble de peur, suffoque et cherche désespérément du courage. Mais plus vous attendez, plus vous vous persuadez que l’épreuve est terrifiante et que vous n’êtes dotées d’aucune once de courage. Et plus vous avez peur !

Pourtant, je suis certaine que vous ne manquez pas de courage. Je sais combien il en faut pour affronter les tourments de la dépendance et de l’alcool sans perdre la face. Du courage vous en avez certainement beaucoup, mais il vous faut également, de l’énergie et le bon état d’esprit !

L’homme courageux n’est pas celui qui n’a pas peur, mais celui qui surmonte sa peur.

En vérité, la seule façon d’acquérir une véritable force intérieure pour reprendre notre pouvoir et tenir à distance toute forme d’addiction est d’entrer dans le tourbillon de l’action. Non pas foncer la tête baissée, mais avancer la tête droite avec calme et détermination, en pleine conscience. C’est ainsi que l’on se sent pleinement vivante à nouveau. Vivante, vibrante, de mille et une sensations, pensées et émotions. Traversée par le courant de la vie qui est, qui passe et qui nous porte. Nous supporte ? Nous emporte ? Ce sont peut être justement ces sensations qui vous cherchiez à engourdir dans la ouate de l’alcool. Il faudra en tenir compte et oser regarder ce que nous cherchions à éviter.

Guérir de la dépendance à l’alcool nécessite le passage à l’action. Pour penser autrement, s’auto-observer et noter toutes les failles de nos habitudes et de nos réflexes de pensées ou de comportements.  Rien que ça produit des changements immédiats dans les domaines physique et psychologique.

Progressivement, le brouillard se lève dans notre esprit et un nouveau paysage se dessine. Les contraintes, les contrariétés et les évènements douloureux peuvent être vécus différemment, peut être même comme une opportunité, un message ou un défi. Alors l’énergie liée à ce vécu se transforme subtilement, naturellement et en douceur. Elle reflue vers les circuits énergétiques de notre corps pour nous régénérer. Et là, volonté et motivation se ravivent. Nous sentons de nouveau la vie affluer dans nos veines, dans nos poumons, dans notre âme et notre esprit. Et les braises de notre estime se ravivent doucement.

Cette énergie de vie nous stimule et nous accompagne sur le chemin de la sobriété. C’est aussi le meilleur stimulant dans notre quête d’un bien-être « durable ». Serait-ce la sérénité ? La peur n’a pas disparu mais la confiance a augmenté et nous savons que nous pouvons affronter la peur. Alors, abandonner l’alcool, oublier le passé, laisser tomber les emplois stressants ou les relations inappropriées, jeter les masques trompeurs sont des actions qui deviennent évidentes et se font sans forcer, sans violence mais avec le respect de soi retrouvé.

Et ces actions libèrent à leur tour beaucoup d’énergie.
Le cercle vertueux est enclenché. Il faudra juste veiller à ce qu’il ne tarisse jamais.
Ainsi, même si nous continuons à aimer le confort, l’inconfort ne nous fera plus jamais peur.
Aucune montagne n’est désormais infranchissable.
Aucun sommet n’est inaccessible.

Alors, vous passez à l’action ?
Quel sera votre prochaine action ?
Dites-le moi dans les commentaires.
Les commentaires sont anonymes si besoin puisque vous choisissez votre pseudo.

Le plus petit pas vers la bonne direction peut finir par être le plus grand pas de ta vie. 😉

Join the discussion 3 Comments

  • Sylvie dit :

    Pour ma part oui. J’ai peur du changement et j’ai peur de réussir. Et je crois que cette peur est liée à la peur de devenir une autre personne. Qui s’affirme plus, qui ose plus. Peut-être que devenir authentique avec soi-même c’est aussi rencontrer une personne inconnue: soi-même. Je me perds dans les vapeurs d’alcool. Et quand je me retrouverai est-ce que les autres me reconnaîtront?

    • Gaëlle dit :

      Chère Sylvie, comme je comprends vos doutes.
      Craignez-vous d’avoir plus à perdre qu’à gagner en cheminant vers l’authenticité et la sobriété ?
      Peut-être que certaines personnes seront quelquefois déstabilisées par vos changements. C’est normal. En changeant certains schémas de pensées et de comportements, vous modifiez l’équilibre de vos interactions. Avec un peu de temps, de patience et de bienveillance envers vous tous, un nouvel équilibre ne tardera pas à s’établir.
      Pourquoi les autres n’aimeraient-ils pas que vous soyez authentique ?
      Et vous, aimeriez-vous l’être davantage ?

    • Gaëlle M dit :

      Qu’en pensez-vous ?
      La reconnaissez-vous cette peur qui fait obstacle au changement ?

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