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Sur mon propre chemin de guérison, j’ai trouvé du réconfort, de l’inspiration et du courage en visionnant certains films qui mettent en scène une femme alcoolique.

Avec mes chouchouttes (c’est comme ça que j’appelle mes clientes en privé), nous échangeons aussi régulièrement à propos d’un livre ou d’un film qu’elles ont, elles aussi, trouvé réconfortant ou inspirant.

J’ai donc fait une recherche pour rassembler tous les films qui traitent de l’alcoolisme. Ils sont finalement très nombreux.

La grande majorité des films qui abordent l’alcoolisme le font au travers de personnage masculin. Ils feront l’objet de la deuxième partie de cet article. Bien qu’il y ait un certain nombre de points communs dans la dépendance alcoolique des hommes et celles des femmes, la sensibilité est souvent différente.

Ce site étant dédiée aux femmes en difficulté avec leur consommation d’alcool, commençons par les personnages féminins.

Les films dont le personnage central est une femme alcoolique.

L’alcoolisme féminin est d’abord un thème secondaire.

Le premier personnage de femme alcoolique que j’ai trouvé, c’est Betty de Claude Chabrol avec Marie Trintignant dans le rôle principal. Celui d’une femme qui n’est pas à sa place et se lamente sur sa vie en s’enivrant. Du pur Chabrol dont je ne suis pas vraiment fan.

Si le personnage principal est une femme alcoolique, ce film de 1992 ne traite pas directement de l’alcoolisme.

Il faut attendre deux ans de plus pour que sorte aux Etats-Unis le premier film qui traite de l’alcoolisme au féminin. N’existait-il pas de femme dépendante avant les années 1990 ? Ou bien peut-on y voir le signe qu’un tabou commence à se lever doucement ?

Une femme alcoolique au cinéma américain.

C’est Meg Ryan qui incarne la première femme alcoolique au cinéma : qu’elle en soit remerciée ! Dans Pour l’amour d’une femme (1994), la femme d’un couple parfit (gnangnan comme lesfilms américains savent les créer) sombre dans l’alcoolisme. Le film retrace son parcours pour briser le cercle infernal et souligne la position au combien difficile et souvent ambigüe et inconsciente de son mari, plein de bonne volonté.

Dans 28 jours en sursis, (2000), Sandra Bullock fait une belle prestation de journaliste new-yorkaise délurée qui finit par faire une cure de réhabilitation forcée après maints excès. Un films très américain, très cliché et très consensueln mais qui amène tout de même quelques éléments de réflexion.

La femme qui boit est un film québécois atypique. Devenue vieille, Paulette de souvient de son passé d’alcoolique.  Le réalisateur, Bernard Emond, est aussi anthropologue et documentaliste, ce qui confère une grande authenticité au film. Le jeu de l’actrice est également époustouflant.

La solitude, le vieillissement sont des thèmes qui s'imposent à moi, sous une forme ou l'autre. Quant à 'alcoolisme, il me fascine à cause de la révolte qu'il sous-tend, et me révolte par le malheur qu'il crée autour de lui.

Bernard Emonddans une interview à propos du film Une femme qui boit

Autre comédie dramatique très américaine, Rachel se marie (2008) : Kym sort de cure de désintoxication à l’occasion du mariage de sa soeur. En revenant dans la maison familiale, elle replonge aussitôt dans le passé et une longue tradition de conflits.

En 2012, le cinéma américaine nous offre deux films sur l’alcoolisme féminin.

Young Adult avec Charlize Theron dans le rôle d’une auteur à succès de fictions pour jeunes adultes qui revient dans son village natal après un divorce. Elle a manifestement un « problème d’alcool » et du mal à grandir.

Ma préférence va sans hésitation vers l’autre film de 2012, Smashed : Kate et Charlie passent du bon temps ensemble et s’amusent en jouant et en buvant. Kate devient dépendante et doit reprendre sa vie en mains… en assumant les mensonges de sa vie. Pas facile de grandir !

Ce beau film se distingue des autres par son réalisme, sa justesse et sa finesse. Il a d’ailleurs reçu le prix du jury au festival américain de cinéma indépendant, le Festival de Sundance.

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Beaucoup plus de films avec un personnage alcoolique masculin.

L’alcoolisme étant bien moins tabou quand il concerne un homme, on trouve naturellement beaucoup plus de personnage alcoolique masculin. En voici une liste non exhaustive. Il y en a pour tous les styles ! Si vous constatez un oubli, signalez-le en commentaire SVP.

Un délirium tremens culte !

Le cercle rouge, polar de Jean-Pierre Melville sorti en 1970, avec Alain Delon, Bourvil et Yves Montand. C’est ce dernier qui dans une impressionante scène du film souffre de délirium tremens.

L’alcoolisme dans les films en noir et blanc.

D’abord Le Poison, de Billy Wilder, 1945. Don Birman est un écrivain raté sans l’inspiration qui noie son désespoir dans l’alcool. Au quotidien, il est pris en charge par son frère Wick et sa fiancée Helen. Tandis qu’il est abstinent depuis dix jours, Don fait tout pour échapper au week-end à la campagne qu’ils ont organisé pour lui.

Le Jour du vin et des roses de Blake Edwards (1962). Attaché de presse, Joe supporte ses déceptions professionnelles et affectives avec l’alcool. Grâce au mariage et à la naissance de sa fille, il arrête de boire. Pourtant, il renouera avec ses vieux démons, entraînant cette fois son épouse avec lui.

Un singe en hiver d’Henri Verneuil (1962) avec  et . L’hôtelier (Jean Gabin) d’une petite station balnéaire de Normandie a promis à sa femme de ne plus boire un verre d’alcool Mais surgit Fouquet (Jean-Paul Belmondo) et la tentation.

Enfin, Le Feu follet, de Louis Malle, 1963. Alain Leroy, bourgeois trentenaire et alcoolique, revient à Paris suivre une cure de désintoxication. Autrefois abonné aux soirées mondaines, Alain est aujourd’hui las de tout. Angoissé, mélancolique, il pense mettre fin à ses jours.

L’alcoolisme dans les films des Années 70/80.

La Soupe aux choux de Jean Girault (1981) avec jean Carmet et Louis de Funes en vieux paysans portés sur la bouteille. Et Jacques Villeret en extra-terrestre… Délires alcooliques !?

Tchao Pantin de Claude Berri (1983) avec Coluche en pompiste de nuit qui noit sa solitude dans l’alcool.

Au-dessous du volcan de john Huston (1984), d’après le roman de malcolm Lawry (1947), dans lequel un ex-consul britannique au Mexique s’enfonce dans l’alcoolisme pour oublier la femme qu’il aimait.

La femme de ma vie de Régis Wargnier (1986) avec Christophe malavoy, Jane Birkin et Jean-Louis Trintignant a une place singulière. C’est ici la position délicate du conjoint « co-dépendant » qui est abordée à travers le triangle dramatique vistime-bourreau-sauveur.

Alcool et processus artistique.

Nuit noire, Calcutta de Marin Karmitz (1964) court-métrage Art et Essais. Un écrivain alcoolique réduit à l’impuissance créative … D’après un texte rédigé par Marguerite Duras dans le cadre d’une étude clinique sur la personalité psychopathologique alcoolique !

Barfly de Barbet Schroeder (1987) est une semi-biographie de l’auteur-poète Charles Bukowski, avec Mickey Rourke et Faye Dunaway.

Pollock de Ed Harris (2000) retrace la vie de l’artis-e new-yorkais Pollock, avec Ed Harris et Marcia Gay Harden.

Si l’histoire du mouvement des Alcooliques Anonymes vous intéresse.

Dans l’enfer de l’alcool (My name is Bill W.), de Daniel Petrie (1989) est basé sur l’histoire vraie des fondateurs du mouvement américain qui deviendra les Alcooliques Anonymes.

Avec Quand l’amour ne suffit plus : l’histoire de Loïs Wilson, c’est l’histoire de la co-fondatrice du groupe Al-Anon, épouse de Bill W., interprétée par Winona Ryder.

Beaucoup d’autres films traitent directement de l’alcoolisme.

Beaucoup trop de films mettent en scène des personnages alcooliques masculins, j’ai donc privilégié ceux qui abordent vraiment la problématique de l’alcoolisme, quel que soit le style ou l’angle d’approche.

Factotum de Bent Hamer, 2005, film américano-norvégien avec Matt Dillon. Hank Chinaski travaille comme manoeuvre dans des usines, ou des entrepôts pour s’offrir le luxe d’une vie qui consiste à boire, parier sur des chevaux, séduire des femmes, et surtout, écrire des histoires que personne ne veut publier. D’après l’œuvre originale de Charles Bukowski.

Un singe sur le dos, de Jacques Maillot, 2009, film français avec Gilles Lelouche est très réussi (enfin, je ne suis peut-être pas très onjective car j’aime beaucoup Gilles lelouce!). Alcoolique à la dérive dans les rues de Lille, Francis ne cesse de remâcher les étapes de sa dégringolade, ponctuée par des cuites à répétition : son licenciement sans gloire d’un boulot de commercial, son impuissance à arrêter l’alcool, ses relations de plus en plus chaotiques, jusqu’à la rupture, avec sa femme et son fils.

J’ai moins aimé Le Dernier pour la route, de Philippe Godeau, 2009, film français avec François Cluzet et Mélanie Thierry, d’après le livre éponyme de Hervé Chabalier : Hervé décide d’en finir avec l’alcool. Loin de tout et avec l’aide des Alcooliques anonymes, il part suivre une cure de désintoxication et parvient à combattre sa dépendance et à se rétablir en repartant vers une nouvelle vie. J’ai préféré le témoignage direct d’Hervé Chabalier, pourtant j’apprécie généralement François Cluzet.

Le bruit des glaçons, de Bertrand Blier, 2010, film français avec Jean Dujardin et Albert Dupontel est unique. Un auteur renommé abandonné par sa famille en raison de son alcoolisme, reçoit la visite surprenante d’un homme prétendant être son cancer du cerveau. « Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… » Un film original et percutant !

Don’t worry, he won’t get far on foot, de Gus Van Sant, 2018, film hollandais : John finit par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre un don inattendu : il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication.

Nos vies formidables, de Fabienne Godet, 2019, film français.
Margot, Jérémy, Salomé, César, Sonia…Ils ont entre 18 et 50 ans. Tout les sépare, sauf l’urgence de se reconstruire … Une histoire de cure de désintoxication et de renouveau.

Retour de l’autre côté de l’Atlantique.

Retour vers le cinéma américain avec Crazy Heart, de Scott Cooper, 2009, film américain avec Jeff Bridges : De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu’au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale…

Dans Flight de Robert Zemeckis (2012), Denzel Washington interprète un pilote de ligne en perte de contrôle malgré tout. Un film plutôt bien fait sur les conséquences parfois inattendues d’une consommation chronique d’alcool.

Retour de l’autre côté de l’Atlantique.

Retour vers le cinéma américain avec Crazy Heart, de Scott Cooper, 2009, film américain avec Jeff Bridges : De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu’au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale…

Dans Flight de Robert Zemeckis (2012), Denzel Washington interprète un pilote de ligne en perte de contrôle malgré tout. Un film plutôt bien fait sur les conséquences parfois inattendues d’une consommation chronique d’alcool.

En 2020, l’alcool est le personnage principal de drunk.

Atypique que peuvent l’être les danois, dce film lauréat du prix des cinéma Art et Essai, et césar du meilleur film étranger, Drunk est réalisé par Thomas Vinterberg.

J'ai surtout réalisé que l'on vivait une époque où l'alcool était plus que jamais présent et touchait toutes les générations. Je voulais vraiment faire un film où la boisson serait sur le devant de la scène, comme un personnage. En se basant sur la véritable théorie de Finn Skarderud, un psychologue norvégien selon laquelle l'homme aurait dès la naissance un déficit d'alcool dans le sang, les héros entendent développer leur courage, leur ouverture à autrui ... On peut voir cela comme une sorte de voyage spirituel. Certains vont s'abîmer en cours de route quand d'autres vont véritablement trouver une renaissance

Extrait d'un entretien avec Thomas Vinterberg.

A éviter absolument en période de sevrage car l’alcool est effectivement le personnage central et coule à flots !

film alcoolisme femme smashed

Cinéma et Lobbying.

Les films participent à la compréhension de certains phénomènes tout comme à leur mise en lumière, tout autant qu’à la propagation de leur banalisation. Le lobby alcoolier comme celui du tabac sait très bien s’en servir pour nous préparer à consommer en contournant la loi Evin.

Aussi, sans lien direct avec la dépendance à l’alcool, mais pour son regard sur les lobbyistes, je vous suggère le génialissime Thank You for Smoking, de Jason Reitman, film américain de 2006.
Lobbyiste séduisant et ambitieux, Nick met son charme, son talent et son sourire au service de la société Big Tobacco pour contrer la politique de prévention contre le tabagisme. De conférence de presse en talk-show télévisé, il défend l’indéfendable. Mais il a du mal à convaincre son ex-femme qu’il peut être un père modèle pour son fils!

Des suggestions pour compléter cette liste de films sur la dépendance alcoolique ?

Cette liste de films qui traitent ou évoquent la dépendance à l’alcool se veut la plus complète possible mais ne prétend pas à l’exhaustivité ! Si vous avez d’autres films à recommander, faites-le dans les commentaires et je compléterai volontiers !

Si vous avez des livres à recommander, n’hésitez pas non plus !

Et puis surtout, dites-nous ce que vous avez pensé de ces films et de leur manière d’aborder la dépendance alcoolique. Qu’est-ce qui vous a plu ou déplu ? Qu’est-ce qui vous a fait rire ou grandir ?

Un bon film suscite réflexions et émotions, non ? Alors racontez-nous!

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