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Et si on en profitait pour écrire ?

By 23/03/2020 avril 18th, 2020 No Comments

Comment l’écriture peut aider à arrêter de boire ? Comment peut-elle nous accompagner pour nous libérer de nos addictions ?

En ce début de printemps 2020, la situation est inédite et nos quotidiens sont tous bouleversés. La plupart d’entre nous sont confinés chez eux et bien obligés de puiser dans leurs ressources intérieures pour vivre au mieux la situation. C’est l’occasion de réinventer notre quotidien en faisant des choses qu’on reporte d’ordinaire ! Des choses comme la relaxation, le yoga, la méditation, la lecture et pourquoi pas aussi, l’écriture !

Que ce soit pour tromper l’ennui ou pour extérioriser le stress, pourquoi ne pas prendre une feuille et un stylo ? Pourquoi ne pas jouer avec les mots ? L’écriture libère ! L’écriture transforme ! L’écriture est créative !

L’écriture est une amie : on lui parle, on lui confie tout, on rie, on pleure, on espère, on délire, on invente, on s’amuse ! Tout est possible ! C’est un merveilleux espace de liberté ! Besoin de rien ni de personne ! Juste la volonté de se poser et d’essayer, sans attente, sans jugement, sans censure, sans pression ! Juste pour jouer, pour se faire du bien, pour voir, créer et transformer …

Dans mes accompagnements, j’utilise beaucoup l’écriture. Nous tenons toutes un cahier de bord pour, chacune à sa manière, faire le point, prendre du recul et garder le cap ! Et très souvent, nous échangeons sur le plaisir que nous avons pris à poser sur le papier nos états d’âme ou nos intentions.

En janvier dernier, je suis allé à Lyon rencontrer Cyrille Coton pour recueillir son témoignage sur ce vaste sujet qu’est l’écriture. Cyrille est comédien et marionnettiste. Il est également conférencier, formateur et auteur. Il est aussi ancien polytoxicomane qui s’est libéré de ses addictions et témoigne de son parcours. En mars 2018, il avait publié sur son blog un article que j’ai beaucoup aimé : l’écriture, un « outil » puissant. Deux ans plus tard, ça me fait plaisir de lui faire un clin d’œil en publiant sur mon blog, ce retour sur notre conversation à propos de l’écriture ! 😉 😀

Nous nous sommes retrouvés dans un de ces endroits que j’adore : une librairie-café ! Un cocon où l’on peut discuter parmi des milliers de livres tout en dégustant un délicieux Chaï avec des biscuits maison ! Nous avons parlé de développement personnel, de coaching et de psychothérapie. Nous avons aussi parlé de lecture et d’écriture …

Alors pour vous inspirer et peut être vous stimuler si besoin, je vous livre ici une partie de notre échange.

🎙 INTERVIEW… Cyrille Coton, du blog uneviepleinedesens.com : extraits !

Cyrille, peux-tu nous raconter un peu comment s’est faite ta rencontre avec le développement personnel ? J’entends par là des outils et techniques auxquels on peut s’initier pour les pratiquer ensuite seul à la maison.

Je vois. J’ai toujours été curieux et dès mon plus jeune âge je me suis intéressé à l’hypnose par exemple ! Mais la première vraie rencontre que j’ai faite avec le développement personnel c’était dans les années 2000, un moment où j’étais en totale abstinence et où je recherchais des outils pour m’aider à maintenir cette dynamique d’abstinence. Et là je rencontre la PNL. Je lis des livres passionnants, de Tony Robbins notamment, et j’applique ! Et je me rends compte que ça fonctionne, c’est juste un truc de fou ! Et je me rends compte du pouvoir qu’on peut finalement avoir sur notre cerveau et j’ai trouvé ça juste bluffant ! Mais ça n’a pas duré ! Car le développement personnel c’est très utile et effectivement très efficace dès lors qu’on a fait également un travail de psychanalyse sur soi.

Effectivement, le développement personnel peut aussi être piégeant. Peux-tu nous éclairer davantage sur cet aspect ?

Le développement personnel a ceci de piégeant qu’il propose des outils qui peuvent amener un bien-être immédiat sans nécessairement résoudre les problèmes de fond. Un peu comme les produits finalement ! Mais si les problèmes de fond ne sont pas réellement accueillis, traités, analysés, il ne faut pas se voiler la face, ça réapparaîtra à un moment donné ! Attention donc de ne pas être dans le déni des difficultés et de nos parts d’ombres. Cependant, il est vrai que dans le quotidien, les outils de développement personnel sont juste puissants !

On peut aussi facilement être excessif dans cette quête de développement personnel et d’évolution, non ?

Tout à fait ! Il y a d’ailleurs eu une période dans mon parcours où la dimension spirituelle avait pris toute la place, avec un comportement excessif aussi dans ces pratiques spirituelles. Il a fallu que je comprenne finalement cela et que je le traverse.

Ensuite, en parallèle du travail que j’accomplis en thérapie, je commence à m’intéresser à diverses approches : j’approfondis la PNL, j’explore l’EFT, je fais du yoga, etc. Je m’intéresse aux pensées positives et à ce genre de petits outils qui me servent au quotidien. Et petit à petit, plus j’avance dans ma « libération », plus je m’intéresse à ces outils. Il y a d’un côté, la dimension thérapeutique qui amène une compréhension des choses, et de l’autre côté, la dimension développement personnel qui représente l’action et la mise en pratique.

Je suis entièrement d’accord avec toi. Il ne faut surtout pas rester qu’au niveau cérébral. La compréhension, c’est une chose, et c’est important, mais ensuite il faut passer à l’action ! Et alors la question du comment se pose et les outils du développement personnel apportent des réponses ! Comment je passe à l’action ? Quels outils j’ai pour ça ?

Le développement personnel est formidable pour ça ! Moi, ça m’a beaucoup aidé. Et ça m’aide encore aujourd’hui. Je médite chaque jour. Je fais du yoga. Je travaille sur des pensées positives, sur l’écriture, chaque jour. Donc oui, il y a des outils qui aident au quotidien et qui sont vraiment utiles et puissants. Ils permettent d’ancrer les choses, dans nos habitudes, dans nos rituels, dans notre cerveau. C’est juste super puissant !

Spécialement pour vous, en exclusivité,
le rituel matinal de Cyrille !

Je me lève tous les matins à 5H45 !  Je mets les deux pieds sur le sol et tout en prenant conscience de ma présence, je remercie. Je dis tout simplement « Merci ! ». « Merci de faire en sorte que je me réveille ce matin » et « Merci de faire en sorte que je sois en vie. » Tout simplement.

Ensuite, je prends un jus de citron pressé dans un peu d’eau tiède. Puis je lis une phrase positive que je médite pendant 15 minutes.

Puis je prépare mon petit thé et j’écris !

Je parle d’abord de la journée passée : ce que j’ai fait, ce que j’ai apprécié et ce que je pourrais améliorer. J’écris toujours en formulation positive. Jamais de négatif, jamais de victimisation. Ça ne veut pas dire qu’il y a déni des difficultés car je les évoque : par exemple, telle situation a été compliquée pour moi car elle a touché tel souvenir ou telle faille chez moi. J’ai ressenti de la frustration ou de la colère par exemple, etc.

Ensuite j’aborde la journée à venir et je la décris comme si elle avait déjà eu lieu : par exemple aujourd’hui est une belle journée, je rencontre Gaëlle, nous avons un bel échange, nous sommes connectés et nous apprenons pleins de choses l’un de l’autre, etc. J’essaie de balayer cette journée qui débute avec un maximum de détails toujours en positif. Il y a là une forme de stratégie car cette journée qui débute et que je décris avec un maximum de détails, je vais l’analyser demain matin ! Tu vois ? Et ça me permet de voir s’il y a un fossé entre les deux versions de cette même journée et comment je peux ajuster les choses.

Et je termine par remercier, par faire part de ma gratitude.

Une fois que j’ai terminé d’écrire, je me relis à voix haute. Je m’entends dire ce que j’ai extériorisé ! C’est super important ! Et je referme mon cahier.

Ensuite je lis. J’ai un livre du matin, souvent un livre de développement personnel ou de psychologie, que je lis, une page ou deux, en fonction du temps dont je dispose. Mais je lis toujours un minimum, une lecture positive qui me mette dans une énergie et un apprentissage positifs. Une fois que j’ai fini de lire, je vais devant ma glace et je répète 20 fois une phrase positive. J’aime beaucoup celle-ci, très connue : « Chaque jour et à tous point de vue, je vais de mieux en mieux ». Je la répète 20 fois en me regardant dans la classe avec bienveillance et amour.

Et ensuite je me rappelle mes valeurs, les 7 valeurs fortes que j’ai identifiées et qui me guident. Et je me les rappelle et je renouvelle l’engagement que ce sont ces valeurs qui m’entraînent et me stimulent durant cette journée.

Merci de nous avoir partagé ce rituel ! Nous l’avons évoqué cela structure le quotidien de manière positive et surtout constructive. C’est important dans une démarche de reconstruction où l’on doit justement changer ses habitudes et réinventer son quotidien. Mais il faut souligner pour nos lecteurs qu’il est important de ne pas s’enfermer dans ses rituels !

Oui c’est important ! Je dois être en mesure de rester souple, ne pas m’enfermer dans quelque chose de rigide et emprisonnant. Dés lors qu’il y a un matin où je ne peux pas faire l’ensemble des rituels, c’est OK ! Le problème n’est pas de ne pas arriver à faire l’ensemble des rituels certains jours. Le problème est de ne pas lâcher l’intention avec le temps qui passe et les imprévus !

J’accepte ces imprévus ! Parfois, je vais terminer les rituels à un autre moment de la journée, parfois je ne vais faire que la méditation ou que l’écriture. J’adapte à la réalité qui se présente et c’est important. L’enjeu est d’être attentif à notre relation aux choses, à ne pas être dans la tension et à accepter ce qui est au moment où ça est !

Cette acceptation est particulièrement difficile pour les personnalités addictes qui peinent avec la frustration et sont enclins à la colère.

Exactement ! Et c’est le chemin ! Nous devons viser une sorte de légèreté apaisée !!! Alors je ne dis pas que c’est facile ! Je ressens toujours régulièrement cette difficulté à accepter ce qui est, mais je me reprends aussi vite que possible. Je me dis « Ok Cyrille, qu’est-ce qui est important ici et maintenant ? ».

Ça fait partie des choses que j’ai apprise dans mon expérience de vie et mon chemin de développement personnel. Parce qu’avant j’étais dans une forme de rigidité qui était contreproductive pour le coup !

3 astuces de Cyrille pour utiliser l’écriture !

Ayez toujours sur vous un carnet et un stylo.

Ça peut paraitre bénin mais ça ne l’est pas tant que ça ! Quand vous traversez une émotion difficile, ou une situation que vous vivez mal, prenez votre carnet et écrivez ce que vous ressentez : colère, frustration, n’importe. Écrivez simplement, avec vos propres mots, peu importe la forme. L’idée n’est pas que ce soit dévoilé aux autres. Ne soyez pas jugeant, ni sur votre orthographe, ni sur votre façon d’écrire : on s’en fout ! Écrivez ! Et relisez-vous ! Et vous verrez comme déjà c’est libérateur, parce que vous êtes en train de verbaliser, donc d’extérioriser une seconde fois, une émotion qui est en train de vous chambouler à l’intérieur et de vous mettre dans des dispositions négatives.

Détaillez puis déchirez ou brûlez !

Dans une situation compliquée, écrivez tout ce que vous ressentez de manière la plus détaillée possible. Décrivez la situation et votre ressenti. Puis relisez la lettre et déchirez-la. Ici aussi, il y a un effet très positif, vous avez extériorisé des émotions négatives et symboliquement vous les déchirez, vous les éliminez en quelques sortes.

Écrivez aussi le positif, réel ou imaginaire !

Entrainez-vous à écrire et décrire vos émotions positives. On a souvent le mauvais réflexe de ne parler que du négatif. Il faut l’évacuer c’est important. Mais c’est important également de voir aussi le positif, et de remplacer le négatif évacué par du positif. C’est un vrai travail que d’apprendre à mettre le focus sur le positif. C’est comme ça aussi que progressivement on se remplit avec de la bonne estime de soi. L’écriture aide beaucoup.

Et quand c’est douloureux, comment on fait ?

Tu nous as donné un exemple du pouvoir de l’écriture en nous expliquant comment tu l’utilisais quotidiennement à la fois pour analyser et pour créer. Tu témoignes dans ton livre de ta pratique du journal intime depuis des années, en racontant ce que tu avais dans la tête ou sur le cœur, et ce ne devait pas toujours être positif , non ?

Oui, c’est juste. Et il y a encore des moments où je suis dans une énergie maussade voire négative. Mais j’essaie aujourd’hui de l’interpréter différemment. On peut effectivement parler un peu plus des moments plus difficiles et noires car c’est bien aussi de poser les mots qui peuvent paraître négatifs, entre « ». Ça permet aussi de les analyser. « Je suis en colère là, qu’est-ce qu’il se passe ? ».

Bien sûr, progressivement, de plus en plus, j’arrive naturellement à être dans du positif parce qu’il y a un entrainement au positif.

C’est l’intérêt des rituels comme ton rituel matinal ! 😉

Mon premier thérapeute a été mon stylo !

Est-ce que tu peux te souvenir de ces moments où tu étais encore dans beaucoup de noirceur et de négativité, et revenir sur la manière dont tu déposais tout ça par écrit ?

Oui effectivement ! L’écriture a été formidable à ce moment là !

Et pendant des années ce que j’ai déposé était très noire, très sombre, très cynique et très lugubre. Dans mon livre, j’en ai mis des extraits pour montrer justement ce par quoi je suis passé. Ça a fait partie de mon chemin de le déposer. Effectivement mes journaux intimes ont été très sombres et négatifs car c’était ce que je vivais ! Et c’est ce que je dis dans cet article dont tu parlais tout à l’heure : mon premier thérapeute a été mon stylo !

Je déposais ! Et vraiment j’invite les gens à déposer leurs maux sur le papier. Et quand bien même ce soit noir, c’est un soulagement ! Le fait d’écrire est un soulagement juste énorme. Moi c’est ce qui m’a tenu l’écriture, vraiment ! Mes journaux intimes m’ont évité de sombrer plus tôt, plus vite ou plus profond dans la drogue ou la dépression.

Et en plus je suis artiste et auteur ! En parallèle de ces journaux intimes très sombres, j’écrivais des spectacles d’humour ! J’étais le clown triste ! C’était de l’humour plutôt cynique mais c’était de l’humour quand même ! Et ça participait de ma thérapie, car par le biais de l’humour j’arrivais à dire des choses.

On va garder cette phrase comme mots de la fin : Par le biais de l’humour, on peut dire beaucoup de choses ! N’hésitez pas à rire de vous-même ! Ça aide beaucoup ! Je te dis un grand merci pour ton témoignage et tous ces conseils et je te souhaite bonne chance pour la sortie de ton livre et tous tes projets à venir.

Crédit-photo : Merci à Aaron Burden sur Unsplash.

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