Des films en lien avec la dépendance à l’alcool

By 21/01/2020 août 11th, 2021 Addiction
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Bonne lecture ! Et surtout : Bon film !

Sur mon propre chemin de guérison, je trouvais du réconfort, du courage ou de la détermination en visionnant certains de ces films. Nous échangeons souvent avec mes chouchoutes (oui, c’est comme ça que je les appelle en privé 😉) à propos d’un film ou d’un livre qu’elles ont, elle aussi, trouvé réconfortant ou inspirant.

J’ai donc fait une recherche pour rassembler tous les films que je trouvais qui traitent de l’alcoolisme. Je ne vous les recommande pas tous car, à l’image de l’alcool dans la société, ils sont pléthore. De plus, la plupart traitent de l’alcoolisme des hommes (mais après tout, je sais qu’il y a aussi beaucoup d’hommes qui se promène sur ce blog 👍). Je ne prétends d’ailleurs pas qu’il n’y ait pas de nombreux point commun avec l’alcoolisme féminin. Mais tout de meme, la sensibilité est souvent différente.

Par ailleurs, l’identification ou la projection sont plus facile quand le personnage alcoolique est une femme.

Les films qui traitent spécifiquement de l’alcoolisme féminin.

Le premier film que j’ai trouvé jusqu’à maintenant qui met en scène une femme alcoolique, c’est Betty de Claude Chabrol avec Marie Trintignant dans le rôle principal, celui d’une femme qui n’est pas à sa place. Ivre, Betty se lamente sur sa vie auprès de Laure, qui la soigne, lui propose de rester aussi longtemps qu’elle le souhaite dans l’hôtel où elle habite, elle aussi trouve dans l’alcool un compagnon fidèle… Du pur Chabrol dont je ne suis personnellement pas très fan.

Ce film date de 1992, il met en scène une femme alcoolique dans le personnage principal mais son alcoolisme n’est pas directement le sujet. Pour que l’alcoolisme féminin soit directement traité en tant que tel, il faut attendre 1994 aux Etats-Unis avec Meg Ryan dans le rôle de la femme alcoolique.

Dans Pour l’amour d’une femme, la femme d’un couple parfait (et un tantinet gnangnan comme les films américains savent les créer) sombre dans l’alcoolisme. Le film retrace le parcours d’Alice pour briser le cercle infernal et souligne la position souvent ambiguë et inconsciente de son mari plein de bonne volonté.

Pensez-vous qu’avant cette date les femmes ne buvaient pas ? Ou bien peut-on y voir le signe d’un tabou qui commence à se lever doucement ?

Il faudra attendre 13 ans de plus pour que le sujet de l’alcoolisme féminin soit délicatement abordé par le cinéma français. Honneur à Bernard Campan qui réalise La Face cachée en 2007. C’est un film subtil et doux qui met librement en scène un épisode douloureux de la vie du réalisateur et de sa femme. François (Bernard Campan) et Isa (Karin Viard) se sont enfonçés dans leur routine, ce qui semble peser sur lui … Et sur elle ?

Dans 28 jours en sursis, Sandra Bullock fait une belle prestation de journaliste new-yorkaise délurée qui finit par faire une cure de réhabilitation forcée après de multiples excès. Un film très américain, très clichés et très consensuel mais qui amène tout de même quelques éléments de réflexion.

La femme qui boit, un film québécois atypique de 2001. Devenue vieille, Paulette se souvient de son passé d’alcoolique. C’est un film empreint d’une grande authenticité tant dans le jeu de l’actrice que dans la démarche du réalisateur, Bernard Émond, également anthropologue et documentaliste. Il dira lors d’une interview à propos du film : «La solitude, le vieillissement sont des thèmes qui s’imposent à moi, sous une forme ou l’autre. Quant à l’alcoolisme, il me fascine à cause de la révolte qu’il sous-tend, et me révolte par le malheur qu’il crée autour de lui.»

Autre film très américain, Rachel se marie. A l’occasion du mariage de sa sœur Rachel, Kym, qui suit une cure de désintoxication, obtient une autorisation de sortie. Revenant dans la maison de son enfance, elle replonge aussitôt dans une longue tradition familiale de crises et de conflits.

Toujours américain  mais avec Charlize Theron cette fois, Young adult. Peu de temps après son divorce, Mavis Gary, auteure de fictions pour jeunes adultes, revient dans sa petite ville natale … Elle a manifestement un « problème d’alcool » et du mal à grandir.

Enfin, mes deux films chouchous (avec la face cachée de Bernard Campan) :

Lauréat du prix du jury au principal festival américain de cinéma indépendant, le Festival de Sundance, Smashed, se distingue par sa justesse, son réalisme et sa finesse. Kate et Charlie passent du bon temps ensemble et s’amusent en jouant et en buvant. Mais Kate devient dépendante à l’alcool et doit reprendre sa vie en mains … en assumant les mensonges de sa vie. Pas facile de grandir !

Dans La soif de vivre, Lisa, mère de Thomas, 11 ans, et d’un bébé de 11 mois, se laisse petit à petit submerger par son alcoolisme. Le couple s’aime mais le tabou de cette maladie plonge la famille dans un véritable mal-être. Vincent, le mari, sous-estime la situation et n’arrive pas à l’endiguer, débordé par sa carrière de chef de chantier. Mais en fin de compte, c’est elle seule qui peut se sauver. Il lui manque juste le déclic.

Les films qui traitent de l’alcoolisme à travers un personnage masculin.

Voici maintenant une liste, non exhaustive, de film qui aborde l’alcoolisme mais avec des personnages masculins cette fois-ci. Il y en a pour tous les styles !

Le Poison, de Billy Wilder, 1945. Don Birman est un écrivain raté sans l’inspiration qui noie son désespoir dans l’alcool. Au quotidien, il est pris en charge par son frère Wick et sa fiancée Helen. Tandis qu’il est abstinent depuis dix jours, Don fait tout pour échapper au week-end à la campagne qu’ils ont organisé pour lui !

Le Jour du vin et des roses, de Blake Edwards, 1962. Attaché de presse, Joe supporte ses déceptions professionnelles et affectives avec l’alcool. Grâce au mariage et à la naissance de sa fille, il arrête de boire. Pourtant, il renouera avec ses vieux démons, entraînant cette fois son épouse avec lui.

Un singe en hiver, d’Henri Verneuil, 1962, avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. L’hôtelier d’une petite station balnéaire de Normandie a promis à sa femme de ne plus toucher à un verre d’alcool. Mais surgit Fouquet, avec la tentation… 

Le Feu follet, de Louis Malle, 1963. Alain Leroy, bourgeois trentenaire et alcoolique, revient à Paris suivre une cure de désintoxication. Autrefois abonné aux soirées mondaines, Alain est aujourd’hui las de tout. Angoissé, mélancolique, il pense mettre fin à ses jours…

Nuit noire, Calcutta, de Marin Karmitz, 1964 (court-métrage). Un écrivain alcoolique réduit à l’impuissance créative…

Le Cercle rouge, de Jean-Pierre Melville, 1970, avec Alain Delon, Bourvil et Yves Montand. Le commissaire Matteï est chargé de convoyer un détenu qui s’enfuit en pleine nuit et reste introuvable, malgré un important dispositif policier.

La Soupe aux choux, de Jean Girault, 1981, avec Jean Carmet, Louis de Funes et Jacques Villeret. Deux vieux paysans portés sur la bouteille, vivent très retirés de la vie moderne. Une nuit, un extra-terrestre atterrit en soucoupe volante dans le jardin du Glaude… Délires d’alcooliques !

Tchao Pantin, de Claude Berri, 1983, avec Coluche et Richard Anconina. Un pompiste de nuit qui noie sa solitude dans l`alcool rencontre un petit voleur auquel il s’attache peu à peu.

Au-dessous du volcan, de John Huston, 1984, avec Albert Finney et Jacqueline Bisset, d’après le roman de Malcolm Lawry (1947). A la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’ex-consul britannique au Mexique s’enfonce dans l’alcoolisme pour oublier la femme qui l’a quitté.

La Femme de ma vie, de Régis Wargnier, 1986, avec Christophe Malavoy, Jane Birkin, et Jean-Louis Trintignant. Laura a essayé en vain de sortir son mari de son addiction et elle accepte mal que ce soit un étranger, ancien alcoolique, qui y arrive. Elle devient profondément jalouse, et inconsciemment, fait tout pour le faire replonger. C’est ici la position délicate du conjoint « co-dépendant » qui est abordé à travers le triangle dramatique victime-bourreau-persécuteur que la guérison du mari vient perturber.

Barfly, de Barbet Schroeder, 1987, avec Mickey Rourke et Faye Dunaway : Semi-autobiographie de l’auteur-poète alcoolique Charles Bukowski.

Pollock, de Ed Harris, 2000, film américain avec Ed Harris et Marcia Gay Harden : La vie de l’artiste new-yorkais Pollock.

Le Grand Chemin, de Jean-Loup Hubert, 1987, film français avec Richard Bohringer et Anémone. Louis âgé de 9 ans est confié par sa mère à un couple sans enfant dans un petit village à la campagne. Petit à petit, le garçon s’attache au mari et remarque des tensions dans le couple : Monsieur boit beaucoup et Madame ne semble pas très heureuse mais la présence du jeune garçon va leur permettre de prendre un nouveau départ. 

La Légende du saint buveur, d’Ermanno Olmi (1988), film italien, d’après la nouvelle de Joseph Roth. Un clochard alcoolique est secouru un soir par un riche inconnu qui lui avance une somme qu’il devra restituer en tant que dette d’honneur. Désireux de respecter sa promesse, il est aussi tenté de dépenser l’argent pour acheter de l’alcool. Renoncera-t-il à sa rédemption ?

Dans l’enfer de l’alcool (My Name Is Bill W.), téléfilm de Daniel Petrie, 1989. Basé sur l’histoire vraie des fondateurs du Mouvement américains qui deviendra les Alcooliques Anonymes.

Avec Quand l’amour ne suffit plus : l’histoire de Loïs Wilson, c’est l’histoire de la co-fondatrice du groupe Al-Anon (Winona Ryder), et de son mari alcoolique Bill Wilson, co-fondateur des Alcooliques Anonymes, qui est traité.

Uranus, de Claude Berri, 1990, adaptation du roman de Marcel Aymé. Dans une petite ville de France à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une famille héberge plusieurs sinistrés. La cohabitation va mettre à jour les personnalités …

Leaving Las Vegas, de Mike Figgis, 1995, film franco-américano-britannique, avec Nicolas Cage. Après s’être fait licencier, un alcoolique prend une chambre dans un hôtel sordide de Las Végas pour finir sa vie dans l’alcool. Il rencontre une prostituée qui va l’héberger et le suivre dans sa déchéance.

Un monde meilleur, de Mimi Leder, 2000, film américain avec Kevin Spacey et Helen Hunt. Comment un garçon inventif et généreux redonne de l’espoir. L’alcoolisme n’est pas au centre du film mais simplement évoqué à travers certains personnages. C’est néanmoins un très beau film qui m’a beaucoup touché et que je recommande chaudement.

20h17 rue Darling, de Bernard Émond, 2003, film québécois. Après une suite de coïncidences apparemment normales, Gérard, ancien journaliste et membre des Alcooliques Anonymes arrive chez lui pour découvrir que son appartement a explosé un moment plus tôt, tuant six de ses voisins au passage.

Le Petit Lieutenant, de Xavier Beauvois, 2005, film français avec Nathalie Baye, Jalil Lespert, Roschdy Zem. Caroline Vaudieu, de retour dans son service de police judiciaire après avoir vaincu son alcoolisme s’attache rapidement à un jeune collègue de l’âge qu’aurait eu son fils disparu.

Factotum de Bent Hamer, 2005, film américano-norvégien avec Matt Dillon. Hank Chinaski travaille comme manoeuvre dans des usines, ou des entrepôts pour s’offrir le luxe d’une vie qui consiste à boire, parier sur des chevaux, séduire des femmes, et surtout, écrire des histoires que personne ne veut publier. D’après l’œuvre originale de Charles Bukowski.

Un singe sur le dos, de Jacques Maillot, 2009, film français avec Gilles Lelouche. Alcoolique à la dérive dans les rues de Lille, Francis ne cesse de remâcher les étapes de sa dégringolade, ponctuée par des cuites à répétition : son licenciement sans gloire d’un boulot de commercial, son impuissance à arrêter l’alcool, ses relations de plus en plus chaotiques, jusqu’à la rupture, avec sa femme et son fils.

Le Dernier pour la route, de Philippe Godeau, 2009, film français avec François Cluzet et Mélanie Thierry, d’après le roman éponyme de Hervé Chabalier : Hervé décide d’en finir avec l’alcool. Loin de tout et avec l’aide des Alcooliques anonymes, il part suivre une cure de désintoxication et parvient à combattre sa dépendance et à se rétablir en repartant vers une nouvelle vie…

Crazy Heart, de Scott Cooper, 2009, film américain avec Jeff Bridges : De petit concert en petit concert, la route de Bad suit son cours, jusqu’au soir où il fait la rencontre de Jean, journaliste locale.

Le Bruit des glaçons, de Bertrand Blier, 2010, film français avec Jean Dujardin et Albert Dupontel : Charles, un auteur renommé abandonné par sa famille en raison de son alcoolisme, reçoit la visite surprenante d’un homme prétendant être son cancer du cerveau. « Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… » Un film original !

Flight, de Robert Zemeckis, 2012, film américain avec Denzel Washington : Après une nuit d’ébats torrides, Whip Whitaker, pilote de ligne, se remet sur pied avec une bonne rasade d’alcool et de coke. Dans deux heures, il doit être aux commandes du vol Orlando-Atlanta … Un film plutôt bien fait sur les conséquences parfois inattendues d’une consommation chronique d’alcool.

Le maitre, de Paul Thomas Anderson, 2012, film américain : Quand Freddie, vétéran alcoolique, rencontre « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe…

Star Dust de Arnaud Le Roch, 2015, court-métrage : Élevé dans la peur et la culpabilité de ne pas avoir pu protéger sa maman de la violence de son père, Vincent développe un caractère violent et impulsif. Adulte, il se drogue comme on s’inflige une punition. Mais pour ne pas perdre la femme qu’il aime, il décide de changer le cours de sa vie et d’apprendre à aimer.

Don’t worry, he won’t get far on foot, de Gus Van Sant, 2018, film hollandais : John finit par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre un don inattendu : il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication.

Nos vies formidables, de Fabienne Godet, 2019, film français.
Margot, Jérémy, Salomé, César, Sonia…Ils ont entre 18 et 50 ans. Tout les sépare, sauf l’urgence de se reconstruire … Une histoire de cure de désintoxication et de renouveau.

 

Et tout dernièrement, un film danois lauréat du Prix des cinémas Art et Essai, et César du meilleur film étranger, Drunk, réalisé par Thomas Vinterberg, 2020.
 » J’ai surtout réalisé que l’on vivait une époque où l’alcool était plus que jamais présent et touchait toutes les générations. Je voulais vraiment faire un film où la boisson serait sur le devant de la scène, comme un personnage. En se basant sur la véritable théorie de Finn Skarderud, un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang, les héros entendent développer leur courage, leur ouverture à autrui … On peut voir cela comme une sorte de voyage spirituel. Certains vont s’abîmer en cours de route quand d’autres vont véritablement trouver une renaissance. » Extrait d’un entretien avec Thomas Vinterberg.

A éviter absolument en période de sevrage car l’alcool est effectivement le personnage central et coule à flots …

cap sobriété Drunk photo scène finale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, sans lien direct avec la dépendance à l’alcool, mais pour son regard sur les lobbyistes, le génialissime Thank You for Smoking, de Jason Reitman, 2006, film américain :
Lobbyiste séduisant et ambitieux, Nick Naylor met son charme, son talent et son sourire carnassier au service de la société Big Tobacco pour contrer les ravages de la politique de prévention contre le tabagisme. De conférence de presse en talk-show télévisé, il défend l’indéfendable, mais a du mal à convaincre son ex-femme qu’il peut être un père modèle pour son fils.

Des suggestions pour compléter cette liste ?

Cette liste de films qui traitent ou évoquent la dépendance à l’alcool se veut la plus complète possible mais ne prétend pas à l’exhaustivité ! Si vous avez d’autres films à recommander, exprimez-vous dans les commentaires et je compléterai volontiers !

Si vous avez des livres à recommander, n’hésitez pas non plus !

Et puis surtout, dites-nous ce que vous avez pensé de ces films et de leur manière d’aborder la dépendance alcoolique.
Qu’est-ce qui vous a plu ou déplu ? Qu’est-ce qui vous a fait rire ou grandir ?

Un bon film suscite réflexions et émotions, non ? Alors racontez-nous !

One Comment

  • Gaëlle M. de Cap Sobriété dit :

    Si vous souhaitez partager un avis sur un des films cités, n’hésitez pas à vous exprimer ici. 🙂
    Qu’avez-vous aimé ? Ou pas ? Qu’est-ce qu’il vous a apporté ?
    Notez que vos commentaires peuvent être anonymes car c’est vous qui décidez du nom qui va apparaitre. Et l’email que vous enregistrez n’apparait pas en public. Il n’y a que moi qui le voit. 😉 🙂

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