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Comment surmonter un problème avec l’alcool ? (1/5)

By 6 novembre 2019 novembre 20th, 2019 No Comments

( Série d’articles : Quelles méthodes pour arrêter de boire de l’alcool ? 3/5 )

Quand on sent que notre relation à l’alcool a pris un mauvais tournant, il n’est pas simple de redresser la barre. On se dit « ça suffit ! », « plus jamais ça ! » ou « demain j’arrête ! » et quelques heures ou quelques jours plus tard on est à nouveau face à notre gueule de bois …

On se sent généralement bien seul-e et démuni-e face à la complexité du problème et aux difficultés qui l’accompagnent.

Et le tabou qui entoure les problèmes d’alcoolisation est incroyablement puissant ! Il est très difficile d’en parler. Tout le monde préfère rire des excès et minimiser les risques comme les problèmes.

Quant à parler d’alcoolisme, cela fait frémir. Les représentations sociales qui s’y rattachent sont non seulement négatives mais également porteuses de honte.

Le mot est difficilement prononcé. On préfère évoquer « un problème avec l’alcool ».

Bien souvent, on ne peut imaginer être confronté soi-même à l’alcoolisme ! Ce ne peut être que pour les autres ! Nous, on vaut mieux que ça ! On est au-dessus de ça !

Et pourtant, ça n’arrive pas qu’aux autres !

Alors que faire pour surmonter le problème ? Voyons ensemble quelques pistes de réflexion.

1ère étape : Sortir du déni et reconnaître que vous perdez le contrôle !

La première difficulté dans le traitement des consommations inappropriées est d’en prendre conscience ! Beaucoup de personnes dépendantes ou en train de le devenir sont dans le déni ou la sous-estimation du problème.

Différents facteurs peuvent intervenir pour déclencher la prise de conscience : des remarques de l’entourage, un bilan médical (divers paramètres ne laissent aucun doute au médecin) ou encore un accident.

La perplexité est le début de la connaissance.

Khalil Gibran

La prise de conscience est le plus souvent progressive : vous réalisez qu’il y a un problème, vous le niez puis vous l’acceptez ! C’est généralement durant ce processus qu’ont lieu les premières tentatives réelles de reprise de contrôle et les échecs qui vont conduire à l’évidence. Ce n’est qu’après la phase d’acceptation du problème qu’une évolution positive est possible !

Toutefois, le processus qui précède l’acceptation (et qui y conduit), bien qu’ingrat, est indispensable pour vous faire traverser les différents stades de conscience.

Arrêtons-nous un instant pour regarder à quel niveau de conscience vous êtes ?

1. En phase de pré-contemplation ? Vous vous dites : « je bois comme tout le monde. Je n’exagère pas et cela ne me pose pas de problème. Je peux m’arrêter quand je veux si je le souhaite ».

2. En phase de contemplation ? Vous vous dites : « Je bois trop, j’ai envie de changer mais comment faire ? Cela me parait impossible. Je pense que je n’en suis pas capable, qu’il est impossible de ne pas boire dans notre culture ».

3. En phase d’action ? Vous mettez en place un travail pour changer vos habitudes. Vous agissez pour que la situation change.

4. En phase de maintien ? Vous ne consommez plus d’alcool. Ce n’est pas toujours facile mais vous avez appris à utiliser différentes stratégies qui vous soutiennent dans votre choix de la sobriété. Vous êtes conscient que c’est faisable.

5. En phase de rechute ? Vous avez recommencé à consommer de l’alcool, d’abord une fois, un peu, en pensant que vous pourriez contrôler votre consommation, et puis vous voilà à nouveau pris au piège. Ce n’est pas grave : un échec est une opportunité pour recommencer plus intelligemment ! 

2ème étape : Ne pas se méprendre sur la volonté !

Si les médecins ont longtemps parlé de maladie de la volonté, cette vision des choses est désormais fortement contestée car contestable !

En effet, comment parler de maladie de la volonté quand la guérison ne peut se faire sans la volonté du patient ?

L’arrêt de la consommation d’alcool, particulièrement pour une personne dépendante, se déroule souvent comme un processus d’essais, d’erreurs et d’échecs. Processus au cours duquel les patients font preuve d’une volonté hors norme !

On entend pourtant encore trop souvent dire qu’il suffit d’un peu de volonté pour y arriver !

Ben voyons ! Un peu seulement en plus !

Non ! Non ! et Non ! La volonté ne suffit pas !

Bien entendu, si vous ne voulez pas arrêter de boire, vous n’arrêterez pas !

On est d’accord : la volonté est nécessaire.

Mais je suis convaincue qu’elle est très insuffisante.

D’autant plus que l’on peut vouloir et ne pas vouloir en même temps. C’est ce qu’on appelle l’ambivalence !

De plus, le « pas vouloir » n’est même pas toujours conscient !

Beaucoup de gens épuisent ainsi leur bonne volonté sans comprendre que la volonté est nécessaire mais le plus souvent insuffisante. Et je dirais même pire : elle est un faux-ami !

La volonté va à l’encontre du lâcher-prise nécessaire pour débloquer la situation dans le contexte des addictions !

Plus on veut contrôler la situation avec de la volonté et plus on augmente la pression et donc le besoin de décompresser ! Plus on augmente la frustration et plus on augmente le besoin de plaisir !

À mon sens, la porte de sortie des addictions se trouve plutôt du côté de l’acceptation, du lâcher-prise et de la « bonne » volonté », celle qui consiste à toujours faire de son mieux ! 😉 (voir la sagesse des 4 accords toltèques).

De plus, le siège de la volonté se situe dans la zone pré-frontale du cerveau, celle-là même qui est mise en pause en cas de stress et remplacée par le cerveau reptilien qui commande les réflexes et les habitudes !!! La bataille semble perdue d’avance …

Par ailleurs, quand nous sommes en état de stress, le cerveau reptilien, qui commande les réflexes et les habitudes, prend le dessus sur la zone pré-frontale du cerveau où siège la volonté !!!

Au-delà de l’acceptation et de la volonté, il faut également bien comprendre les différents enjeux du problème, établir un plan d’action et identifier des ressources et des alliés.

3ème étape : La connaissance !

Connaissance de soi, du processus d’addiction et du produit sont des étapes indispensables à l’élaboration d’une bonne stratégie d’actions !

Notre situation et nos difficultés à maîtriser notre consommation d’alcool ont peu de chances d’évoluer positivement sans un effort honnête vers une meilleure connaissance de nos faiblesses et nos failles.

Il est incontournable d’effectuer un travail sur soi : quel regard portons-nous sur la vie et sur nous-même, quelles valeurs et quelles croyances nous guident, quelles émotions nous habitent et nous emportent, etc ?  

La connaissance de l’homme est à la base de tout succès.

Charles Chaplin

Se documenter et écouter les témoignages est une aide précieuse pour ajuster nos idées préconçues et ouvrir les premières pistes de réflexions sur nous-même.

Vous rencontrerez peut-être plus de similitudes avec votre propre parcours que vous ne le pensiez. Vous réaliserez peut être que votre vision du problème est erronée. Car la mauvaise foi et la désinformation sont à la hauteur du problème et du tabou qui les entourent.

Bien comprendre les enjeux de l’addiction en général et du risque avec l’alcool en particulier est également crucial pour éviter de tomber dans certains pièges : celui de remplacer une addiction par une autre par exemple !

4ème étape : Élaborer une stratégie et un plan d-’action !

En fin de compte, ce qui se révèle décisif, c’est la capacité à agir ! La capacité à passer à l’action et à se donner les moyens ! La capacité à s’engager intelligemment !

La valeur d’un général réside dans sa stratégie et non dans son courage.

Proverbe chinois !?

Que ce soit pour se défaire d’une mauvaise habitude ou pour en intégrer une bonne dans notre routine, nous avons tous déjà constater combien changer d’habitudes n’est pas chose facile !

Et pour les personnes devenues dépendantes, arrêter de boire s’avère être une épreuve difficile, un véritable challenge !

Aussi établir une stratégie et définir un plan d’action se révèle extrêmement aidant pour surmonter les obstacles, entretenir la confiance, la patience et la détermination nécessaire et atteindre nos objectifs !

J’ai compris cela en lisant le livre de Charles Duhigg, Le pouvoir des habitudes, comme je le raconte dans un article-témoignage de mon parcours.

5ème étape : Identifier ses besoins, ses ressources et ses alliés.

Une fois que vous êtes prêt-e à agir pour reprendre votre vie en main, un long chemin reste encore à parcourir. Un grand voyage en terre inconnue à la découverte de soi-même ! Une aventure exceptionnelle à faire face à ce que l’on cherchait à occulter avec l’alcool : introversion, hypersensibilité, mauvaise estime de soi, manque de confiance, dépression, traumatisme…

Il existe de nombreuses voies pour effectuer ce chemin et vous saurez lesquelles vous conviennent le mieux en affinant vos besoins, les ressources dont vous disposez déjà et celles qu’il vous faut trouver.

Il existe tant d’approches différentes pour effectuer ce chemin qu’il n’est pas simple de s’y retrouver.

D’autant plus que l’approche traditionnelle est relativement restreinte (l’hospitalisation, les médicaments, les groupes d’entraide, les psychologies) et que l’information est insuffisante à propos des approches alternatives (hypnose, acupuncture, réforme alimentaire et naturopathie, méditation, etc.).

C’est pour combler cette lacune et élargir la réflexion que j’ai rédigé cette série d’articles sur les méthodes pour arrêter de boire de l’alcool !

Des méthodes complémentaires pour une approche pluridisciplinaire.

Dans le premier article, j’aborde d’abord la prise en charge médicale classique.

Dans un autre article, je traite des approches alternatives, moins classiques mais pertinentes, pour accompagner le sevrage et la sobriété.

Il existe aussi des thérapies qui n’en ont pas l’air mais qui sont d’un grand secours pour se libérer des addictions. Je veux parler du sport, mais aussi de la méditation ou de l’EFT. Elles font l’objet d’un troisième article.

Et je termine bien sûr la série en détaillant mon approche, celle qui m’a aidé, guidée et permis de vivre aujourd’hui libre et consciente avec le sourire !

Une approche pluridisciplinaire et non médicale. Un accompagnement à domicile basé sur la connaissance de soi et la gestion du stress pour évoluer en douceur et en profondeur.

Ce tout d’horizon ne prétend pas être exhaustif et vos témoignages sont les bienvenus.  N’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires en fin d’article ou via le formulaire de contact.

Probablement qu’aucune de ces approches ne se suffit à elle-même. Pas même la mienne qui ne dispense pas nécessairement d’un bilan médical pour s’assurer que vos excès n’ont pas généré de pathologies secondaires à traiter, ou d’une psychanalyse pour aller plus loin sur certains aspects des problématiques mise à jour avec moi.

Ces approches se complètent et ont toutes leur place dans l’arsenal thérapeutique.

Il est bien entendu inutile de les utiliser toutes en même temps ! Il ne sert à rien de trop en faire et de se disperser.

Pluridisciplinaire ne veut pas dire « tout n’importe comment » !

Il vaut, à mon avis bien mieux prendre le temps de comprendre ce que vous voulez et de quoi vous avez besoin pour chercher ensuite les bonnes méthodes et les bonnes personnes pour vous aider dans ces objectifs.

C’est tout l’intérêt de ma démarche de coaching !

  • clarifier vos objectifs,
  • comprendre ce qu’il vous arrive,
  • identifier vos besoins
  • trouver des ressources
  • établir votre propre stratégie
  • vous transmettre des outils d’introspection et de gestion du stress

En conclusion,

Pour vous aider à arrêter de boire ou à modérer votre consommation : choisissez vos ressources et vos alliés en fonction des affinités et des opportunités.

Documentez-vous ! Renseignez-vous ! Et écoutez-vous !

Allez vers les approches qui vous attirent, vers les thérapeutes ou les coachs qui vous inspirent confiance. C’est important !

La qualité de la relation humaine est primordiale.

Testez ! Osez ! Essayer ! Et changez si besoin ! Mais sans tomber dans le piège de la fuite et des fausses excuses !

Bref : prenez les choses en mains.

Donnez-vous les moyens de réussir !

Agissez !

La motivation nait dans l’action !

Dites-moi en commentaires ce que vous en pensez. 🙏
J’aurai plaisir à vous lire et vous répondre. 🙂

Crédit-photo : Thomas Picauly sur Unsplash

Retrouvez ici la série complète des articles sur les méthodes pour arrêter de boire de l’alcool :

1/5 Comment surmonter un problème d’alcool ?
2/5 La prise en charge classique de l’alcoolisme et des troubles de l’alcoolisation.
3/5 Des approches alternatives pour accompagner le sevrage et la sobriété.
4/5 Des thérapies qui n’en ont pas l’air au secours des addictions.
5/5 L’approche pluridisciplinaire de Cap Sobriété pour se libérer de l’alcool.

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