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Panier

Descendre du carrousel infernal.

Stacy m’a contacté pour me parler d’un livre qui traite de l’alcool. J’ai apprécié le ton sympathique et simple de son message et nous avons pris rendez-vous pour un échange téléphonique. Elle m’a parlé du livre et bien entendu, je lui ai fait raconter son parcours de vie avec l’alcool. J’ai adoré la simplicité avec laquelle elle me racontait ses hauts et ses bas. Totalement décomplexée, elle ne connait pas le tabou et ça fait vraiment du bien !

Bien sûr, je le lui ai dit et ça l’a amusée. Elle a l’habitude de ce genre de remarques et s’étonne encore de tout ce qui peut être tabou dans les conversations en France ! Elle a tout de suite accepté de témoigner ici. Avec du recul, elle nous raconte comment l’alcool et d’autres substances psychoactives sont entrées dans sa vie, quelle a été sa vie jusqu’à la prise de conscience de sa consommation excessive d’alcool, et comment elle est parvenue, progressivement, à arrêter de boire de l’alcool. Avec son authentique simplicité, elle témoigne de son bien-être aujourd’hui.

Puisse ce témoignage vous aider à redresser la tête, à remonter vos manches et à faire face aux problèmes liés à l’alcool avec espoir, détermination et authenticité !

Sans vous spoiler le témoignage de Stacy, je peux souligner ici, que c’est parce qu’elle a osé confier à une amie son inquiétude et ses difficultés à propos de son comportement avec l’alcool, que cette amie lui a confié avoir les mêmes questionnements et lui a conseillé la lecture qui a déclenché son déclic ! Peut être que cela vous encouragera à chercher une oreille attentive.

Libérer votre parole peut vous donner une énergie énorme pour faire face. C’est vrai que le tabou est fort, à la hauteur du mépris souvent affiché vis-à-vis de la dépendance en générale et des alcooliques en particulier. Mais quelqu’un qui tient à vous, saura entendre que vous êtes en difficulté et que cela n’a rien de méprisable. Et puis vous aurez peut-être la surprise de constater, comme Stacy, que vous n’êtes pas si seule que ça avec vos tourments.

Si vous ne trouvez pas dans votre entourage cette oreille compréhensive qui vous permettra de confier vos inquiétudes, je suis évidemment là pour accueillir cette parole et lui donner toute l’énergie constructive qu’elle peut avoir.

Car effectivement, vous n’êtes pas la seule !

Bonne Lecture !

 

Le témoignage de Stacy sur sa dépendance à l’alcool et comment elle a arrêté de boire.

Bonjour, je m’appelle Stacy. J’ai 33 ans et je suis américaine mais je vis en France depuis presque 10 ans. C’est un mélange culturel assez étrange. J’ai toujours un choc culturel quand je retourne aux États-Unis, et pareillement lorsque je reviens en France.

Les américains ont une relation particulière avec l’alcool. Nous aimons faire la fête et boire le plus vite possible pour être saoul rapidement bien que les lois concernant l’alcool soient assez strictes, surtout en Pennsylvanie qui est mon État d’origine. Les bières et les spiritueux ne peuvent pas être vendus dans les commerces classiques. En ce qui concerne les bières, les commerçants sont soumis à une quantité maximale à ne pas dépasser.

De plus, sur tout le territoire américain, il faut avoir 21 ans pour acheter ou consommer de l’alcool. Enfreindre cette loi peut mener à une sanction qui varie d’une simple amende à de la prison. De ce fait, il y a beaucoup de messages contradictoires.

Une enfance sans alcool.

Mes parents ne boivent pas. D’ailleurs, personne dans ma famille ne buvait au cours de mon enfance. Pendant les fêtes de fin d’année, j’ai des souvenirs de ma grand-tante et de mon grand-oncle qui étaient les seuls à ramener une bouteille de vodka et un cubi de Villageoise et ce, pour leur propre consommation. Et d’ailleurs, tout le monde faisait des messes basses sur leur problème d’alcool.

Ma mère avait un petit placard ou elle mettait les bouteilles d’alcool qu’on lui avait offert au fil des ans. Il y avait des bouteilles de toutes sortes ainsi qu’une bouteille de vodka réservée à mon oncle et ma tante lorsqu’ils venaient souper. Ma mère n’a jamais pensé à mettre ce placard sous clé ou même à le cacher, pourquoi aurait-elle fait cela ? Ma sœur et moi étions des enfants sages. Et pourquoi d’ailleurs aurions-nous eu un quelconque intérêt pour l’alcool ?

Une première cuite mémorable.

La première fois que j’ai bu, je n’y suis pas allé de main morte. Ma mère était en déplacement et mon père était censé nous « surveiller ». Un samedi soir, pendant que mon père ronflait sur le canapé, je suis allée voler cette bouteille de vodka dans le placard. Je voulais essayer parce que mon petit-copain de l’époque n’arrêtait pas de clamer qu’il buvait des bières avec son grand frère. Je me suis dit que m’enivrer seule était une bonne idée au cas où je ferais une bêtise. Ne connaissant absolument rien sur l’alcool, je me suis servie des quantités astronomiques. Encore aujourd’hui, je frémis à l’idée de penser que j’ai pu boire toute cette vodka… mélangée à du jus de pamplemousse. Ma sœur, qui a 2 ans et demi de moins que moi a dû s’occuper de moi. Je ne me rappelle pas avoir vomi, mais je me rappelle qu’elle m’avait mise dans la baignoire pour essayer de me déssaouler. J’ai lui ai montré ce que ça donné de se saouler ! J’avais 14 ans.

En ce qui concerne le reste de mes années au lycée, les choses étaient plutôt normales. Nous volions ou achetions de l’alcool quand nous le pouvions. J’ai commencé à fumer des cigarettes à 14 ans environ, juste avant mon quinzième anniversaire. Au début je crapotais, je voulais simplement avoir l’air cool. Je me souviens que ça me brulait la langue mais j’ai persévéré et j’ai pu inhaler et fumer correctement quelques mois plus tard. Dans mes souvenirs, il était beaucoup plus facile de se procurer des cachets ou de la drogue plutôt que de l’alcool, mais peut-être que leur réputation les précède.

Isolement et amphétamines.

Mes amis et moi n’avons jamais fait de grosses fêtes, par peur de nous faire attraper par la police et d’avoir un casier judiciaire, par peur de devoir appeler nos parents ou de faire des travaux d’intérêts généraux. Nous allions donc trainer chez les uns et les autres lorsque les parents n’étaient pas là. Nous prenions de la cocaïne, nous fumions de l’herbe et nous prenions des amphétamines ainsi que des antalgiques opioïdes qui sont d’ailleurs très faciles à trouver aux États-Unis. Dans ces soirées, l’alcool n’était pas vraiment important. Je n’aimais pas trop boire d’ailleurs, parce qu’après, je ne me sentais pas bien et j’avais toujours une étrange douleur dans le cou. Je préférai les cachets.

Mes résultats scolaires étaient bons. J’ai été admis à l’université et je n’ai jamais eu d’ennuis avec mes parents ou la police. La première année fut très dure pour moi. Ma famille me manquait terriblement et je sortais toujours avec mon petit-ami du lycée (qui était déjà à l’université depuis 2 ans). Je ne réalise que maintenant que mon petit ami était extrêmement manipulateur. D’ailleurs, c’est ce que tout le monde me disait à l’époque. Il ne m’autorisait pas à partir en soirée avec mes (sept autres) colocataires et j’ai cessé de communiquer avec mes amis de Pennsylvanie à cause de lui. J’ai tenu le choc en prenant beaucoup d’amphétamines et en passant mes journées dans les livres.

Décompression et dépression.

Quand j’ai finalement rompu avec lui à la fin de l’année, tout a changé. J’ai commencé à travailler dans un restaurant cet été-là. Tout le monde était plus âgé et avait l’habitude d’aller dans les bars. Donc on ne me demandait jamais ma carte d’identité lorsque je sortais avec eux. Ils prenaient beaucoup de drogues, ils étaient dans le milieu.

Lorsque je suis retournée à l’université j’ai commencé à aller aux « frat party » avec mes amis. Les bières étaient sans limite si vous étiez une fille. Ensuite, bien entendu, tu commences à sortir avec un mec des « frat » et tu obtiens un accès illimité à quasiment tout. Tu es automatiquement invitée à chaque soirée et tu n’as plus besoin de faire la queue pour avoir des verres.

Ma deuxième année universitaire est l’année où j’ai essayé les champignons et l’ecstasy. C’est aussi l’année où j’ai vécu ma première grosse dépression. J’ai commencé à me scarifier et les gens ont commencé à s’en rendre compte. J’ai obtenu de l’aide médicale grâce à l’université ce qui m’a permis de voir un psychologue gratuitement pendant 6 mois. Elle m’a laissé de très bons souvenirs. Elle m’a donné confiance en moi.

Cependant, à la fin des 6 mois je suis retournée à mes vieilles habitudes : je buvais, prenais des drogues, et me scarifiais lorsque j’étais saoule. J’ai donc décidé d’aller voir un psychiatre qui me prescrivit de très très forts antidépresseurs. Nous ne parlions jamais pendant nos rendez-vous. Elle me demandait simplement si je continuais à boire. Je mentais et elle me donnait mon ordonnance, un point c’est tout.

20 ans en France : Tournée générale !

Ensuite, j’ai eu l’opportunité de faire un semestre à l’étranger dans le sud de la France à Montpellier. J’avais 20 ans, donc toujours pas l’âge légal de boire aux États-Unis ; mais en France, l’âge légal est à 18 ans. Je dirais que c’est probablement l’année où j’ai réellement commencé à boire. Je suis allé à Santorin pendant une semaine et j’ai passé mon temps dans un bar, ou malade au lit. J’ai aussi pris beaucoup de poids que j’ai mis des années à perdre. Je me dis que c’était surement lié à l’alcool et au kebab.

Alcoolisation permanente.

A la fois à cause d’une mauvaise organisation et de mes résultats moyens, je suis restée une 5e année à l’université. J’ai donc obtenu mon diplôme en 2010. Je pouvais bien évidement boire dans les bars durant mes deux dernières années. Mais si je voulais avoir de l’argent pour boire et fumer, je devais me débrouiller en soutirant de l’argent à ma mère et en bossant au restaurant. C’était assez délicat. Ensuite, une fois l’université terminée je suis retournée chez mes parents pendant 1 an avant de revenir en France en 2011.

Le fait d’habiter en France, c’est ce qui a mis ma consommation d’alcool en roue libre. Je suis arrivée dans un endroit où il était non seulement acceptable de boire avant, pendant et après chaque repas mais aussi encouragé ! Tu commences avec un apéro de deux heures, puis un diner de deux heures, vins compris, et ensuite on te sort les digestifs. Si tu dis « non » à l’alcool, les gens pensent que tu es enceinte ou que tu ne sais pas t’amuser. Alors, je disais « oui » !

J’ai rencontré quelqu’un qui buvait beaucoup, comme tous ses amis d’ailleurs. Nous allions au bar les jours de la semaine et le weekend nous faisions des soirées, et le dimanche midi nous buvions encore en famille.

Les conséquences de l’alcool commencent à poser problèmes.

En 2013, j’ai décidé de retourner à l’université pour faire un Master. J’enseignais aussi l’anglais à mi-temps et je travaillais dans un restaurant. Évidement j’ai fait un burn-out. Je suis retournée chez le docteur et il m’a prescrit des antidépresseurs, mais différents de la première fois. Quelque chose de nouveau et d’étrange se passa. Quand je ne buvais pas, ça allait, mais si jamais je prenais ne serait-ce qu’une bière, je devenais un monstre et je ne pouvais pas m’arrêter. Les gens s’en sont rendu compte. Je me réveillais les dimanches matin et j’allais au magasin pour acheter une flasque de vodka et du jus de tomate. Ensuite, j’ai commencé à le faire les samedis mais toujours en me laissant assez de temps pour déssaouler, jusqu’à ce que je n’y arrive plus. Je me suis fait virer parce que j’étais trop saoule au travail, à vrai dire, je puais l’alcool et j’échappais tout. Ce qui devait arriva…

C’est là que j’ai compris que quelque-chose n’allait pas du tout. Je suis retournée voir mon docteur et je lui ai expliqué ce qui m’arrivait parce que cela m’inquiétait. Il m’a dit que si je ne pouvais pas rester 3 semaines sans boire je devais retourner le voir pour avoir une discussion plus sérieuse et envisager sérieusement de penser à prendre des médicaments pour lutter contre l’alcoolisme. J’ai eu très peur… Pendant 3 semaines.

Je me rappelle aller en soirée et m’ennuyer terriblement. Cette situation me semblait si ridicule. Bizarrement j’ai pris plus de poids pendant cette période. Les gens s’en sont rendu compte et commentaient… French style.

En route vers le rétablissement.

J’ai réussi à trouver un moyen de me passer de mes médicaments mais je continuai à boire. Je n’avais pas réalisé que tout cela était lié à ma consommation d’alcool. Je me suis reprise en main : j’ai fait un régime, j’ai commencé à faire du sport et je me sentais plutôt bien. Je sautais des repas pour compenser la prise de calories… du fait que je buvais. En plus, tu es soule plus vite si tu ne manges pas, donc ça m’arrangeait.

Il m’arrivait parfois de passer des semaines, voire un mois sans boire parce que je faisais un régime. Mais c’était dur et je détestais ça. Je détestais vraiment être sobre. Et je détestais alors être avec des gens souls, ça m’ennuyait. Je n’avais pas vraiment de passe-temps ni d’amis qui ne buvaient pas. Au moins je me disais que ça ne durait que 30 jours. Quand j’arrivais à les tenir.

Durant ces deux années, ma consommation ainsi que ma résistance à l’alcool n’ont pas cessé d’augmenter. Je buvais donc plus lorsque je partais en soirée. Je me réveillais parfois vers les 4-5 heures du matin, le cœur palpitant, allongée là, me demandant ce que je faisais de ma vie et comment j’avais pu merder à ce point. Je consultais mon portable pour voir qui j’avais appelé la veille, à qui j’avais envoyé des messages. Alors, j’envoyais des textos à ceux avec qui j’étais sortie pour m’excuser de mes éventuels déboires… car je ne me rappelais rien. Tout ça, pour refaire exactement la même chose le soir d’après.

J’ai changé de travail et j’ai amèrement regretté. Chaque jour, j’appréhendais énormément le fait d’aller au travail. Ça m’empêchait de dormir. Je suis retournée voir le docteur, un nouveau, car l’ancien était parti en retraite. Il m’a prescrit un nouveau type d’antidépresseur et des somnifères appelés Zolpidem. Il est impossible de prendre ces médicaments en buvant de l’alcool. Je répète, impossible. Et je ne le faisais pas. Si tu ne t’endors pas tout de suite après la prise de Zolpidem tu deviens légèrement euphorique et c’est ce qu’il m’arrivait. Je sortais jusqu’à 9 heures du soir, je rentrais chez moi, je prenais un Zolpidem. Ainsi, je m’amusais pendant 30 minutes et je tombais dans un sommeil sans rêve jusqu’au matin.

J’en prenais tellement que je n’arrêtais pas d’aller à la pharmacie pour en recommander. Puis, j’ai commencé à prendre deux Zolpidem le soir. Ensuite, je me suis demandé ce qu’il se passerait si je buvais de l’alcool en prenant ces cachetons. J’ai fini par ne plus en avoir, et heureusement d’ailleurs parce que j’aurais pu sérieusement me faire du mal et je me dis que j’ai eu beaucoup de chance de m’en sortir indemne.

Les petits arrangements de la dépendance à l’alcool.

Cela nous amène en 2020. Je continuais à boire de manière importante, presque tous les jours. Le problème c’est que à présent, je fais des « blackouts » quasiment à chaque fois, probablement à cause des médicaments. Je me répète que j’ai eu beaucoup de chance jusqu’à présent de ne pas m’être fait du mal ou de ne pas avoir blessé quelqu’un, car cela aurait très bien pu arriver facilement.

Puis, le gouvernement a annoncé le confinement. J’ai commencé à télétravailler. Je pouvais me lever plus tard et je perdais plus de temps à sortir pour aller au bar. J’avais mon cubi de vin dans la cuisine. J’arrivais à gérer ma consommation pendant la journée mais je continuais à boire tous les soirs et tous les week-ends de façon continue. Je ne me rappelle pas du tout ces weekends. Le cubi de vin qui était sensé tenir une semaine ne tenait que quelques jours. Je n’étais pas seule, mon compagnon buvait du whisky tous les soirs à mes côtés. Je savais que quelque chose n’allait pas du tout et que cela devenait un problème que je n’arrivais plus à gérer.

Pendant ce temps-là, j’ai réussi à négocier une rupture conventionnelle qui me permettrait de toucher le chômage et de me libérer du temps pour comprendre ce que je voulais vraiment faire de ma vie. J’avais peur de me retrouver au chômage et de passer mon temps à boire au lieu de me concentrer sur ce que je devais faire.

C’était dans mes habitudes de boire dès que j’avais un moment à moi. Une après-midi, juste après la fin du confinement, j’ai pris un café avec une amie ; une amie avec qui j’avais l’habitude de boire et qui elle aussi commençait à se poser des questions sur sa consommation d’alcool. Je lui ai parlé de mes inquiétudes (pour la énième fois) mais cette fois elle m’a recommandé des livres : Alcohol Explained, This Naked Mind et the 30-day sober experiment. Je suis rentrée chez moi et je les ai tous commandé en ligne. J’ai commencé avec Alcohol Explained en parallèle avec the 30-day experiment et j’ai arrêté de boire avant d’avoir fini le livre. D’un coup, tout a pris un sens.

A force de chercher, elle a trouvé une belle vie sans alcool !

J’étais coincé sur ce carrousel infernal et la seule chose à faire c’était d’en descendre, tout simplement. J’ai senti que j’étais prête. Ça semble bête mais c’était comme si je pouvais sentir cette flamme au fond de moi. Je l’ai senti. J’ai senti que c’était le bon moment et j’avais hâte. Hâte d’être libre, hâte de ne plus boire, hâte de ne plus ressentir ni culpabilité ni honte, hâte d’avoir un trop plein d’énergie pour faire ce que j’avais envie de faire. J’ai terminé les deux autres livres et j’ai commencé à m’organiser pour en lire d’autres du même genre, simplement parce que j’aime lire les histoires des autres et en apprendre plus sur la sobriété. Cela dit, Alcool Expliqué aura toujours une place spéciale dans mon cœur. Cela s’est passé le 14 Juin 2020.

Depuis ce moment, c’est à dire 6 mois plus tard aujourd’hui, ma vie n’a rien à voir avec ma vie d’avant. J’ai finalement ouvert les yeux. Il n’y a pas d’autres mots. Avant, je stagnais. J’avançais de jour en jour, juste assez pour m’en sortir (au travail et dans mes relations). Maintenant j’en veux plus. Je suis toujours au chômage et heureuse de l’être car je prends juste le temps d’être sûre de ce que je veux faire.

Je veux trouver ma voix. Je passe beaucoup de temps à savoir ce que j’aime. Je n’ai jamais vraiment eu de vrais loisirs avant, à part boire et dormir et manger quand j’avais la gueule de bois. J’aime la musique à nouveau, j’aime la lecture à nouveau. Tous les jours je prends le temps de ranger mon appartement petit à petit pour me sentir bien dans mon espace. Je fais du yoga et d’autres activités sportives presque tous les jours. J’ai appris à tricoter. J’apprends l’espagnol et il y a un tas d’autres choses que j’ai envie d’essayer d’apprendre ou faire. Avant, je n’avais ni l’énergie ni l’envie ni la motivation de le faire mais maintenant c’est différent.

J’ai l’impression qu’un tout nouveau monde s’est ouvert à moi. Un monde qu’auparavant je ne voyais qu’en noir et blanc et qu’à présent je vois en couleurs. J’apprécie d’avantage ce que je mange, mes amis aussi, et quand je ris, je ris pour de vrai. Je pense que ma dépression était liée à l’alcool et maintenant, je me donne enfin une chance de découvrir qui je suis vraiment. Je pense qu’il y a toujours des choses sur lesquelles il faut que je travaille mais ces choses sont plus claires maintenant.  Et à présent, je n’ai plus l’excuse de l’alcool !

J’ai toujours des mauvais jours, des jours où je suis fatiguée ou triste. Mais la plupart du temps, ça ne dure pas, je me change les idées en faisant quelque chose de plaisant et puis ça passe. Je ne me morfonds plus comme j’avais l’habitude de le faire.

Et je reste drôle et je ris beaucoup lors des soirées.

Pour moi aussi, c’est une lecture qui a fait tilt et déclenché le « bon » passage à l’action … C’est pourquoi je tiens à ce blog. Et c’est pourquoi, j’encourage mes clientes à se documenter et à lire des témoignages !

Chaque histoire est singulière et chaque personne est unique mais il y a dans nos difficultés des résonances universelles propres à la nature humaine et au chemin de vie. Que chacune puise ce qui est bon pour elle et en fasse bon usage 😉

Si vous aussi, vous aimeriez témoigner de votre parcours avec l’alcool, lancez-vous et contactez-moi !
Et si vous souhaitez réagir à celui-ci, exprimez-vous dans les commentaires, je vous lirai avec plaisir.

Crédit-Photo : Merci à Yasmine Arfaoui sur Unsplash

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  • Gaëlle M. de Cap So dit :

    Si vous aussi, vous aimeriez témoigner de votre parcours avec l’alcool, lancez-vous et contactez-moi !
    Et si vous souhaitez réagir à celui-ci, exprimez-vous dans les commentaires, je vous lirai avec plaisir. 🙂
    Vos commentaires peuvent être anonymes. 😉 C’est vous qui décidez du nom qui va apparaitre, et l’email que vous enregistrez n’apparait pas en public. Il n’y a que moi qui le voit avant de valider votre commentaire. 🙂

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